Droit des affaires
Le statut des baux commerciaux protège la propriété commerciale : au terme du bail, le locataire a droit au renouvellement, et le bailleur qui le refuse doit en principe payer une indemnité d’éviction (article L. 145-14 du code de commerce). La fin du bail obéit à un formalisme strict où chaque acte compte.
Le bail commercial ne cesse pas de plein droit à son terme : il se poursuit tacitement tant qu’un congé n’est pas délivré ou qu’une demande de renouvellement n’est pas formulée. Le congé doit être donné par acte de commissaire de justice pour le dernier jour du trimestre civil et au moins six mois à l’avance (article L. 145-9 du code de commerce) ; le locataire peut, de son côté, solliciter le renouvellement dans les formes de l’article L. 145-10. La poursuite tacite du bail au-delà de douze ans expose par ailleurs le locataire au déplafonnement du loyer renouvelé : laisser courir n’est jamais neutre.
Si le bailleur refuse le renouvellement sans invoquer de motif grave et légitime, il doit une indemnité d’éviction égale au préjudice causé : valeur du fonds de commerce lorsque le refus entraîne sa perte, ou coût d’un transfert lorsque la clientèle peut être conservée, augmentés des frais accessoires (déménagement, réinstallation, droits et frais de réemploi). Son évaluation, souvent confiée à expertise, est le cœur du contentieux ; dans l’attente du paiement, le locataire bénéficie d’un droit au maintien dans les lieux.
Le loyer renouvelé est en principe plafonné par l’évolution de l’indice (article L. 145-34 du code de commerce), sauf modification notable des éléments de la valeur locative ou bail de plus de douze ans. Bailleur et preneur ont donc chacun des intérêts stratégiques à défendre au moment du renouvellement - et des délais brefs pour le faire.
Pour aller plus loin
Le pôle Droit des affaires du cabinetCet article présente une information juridique générale, à jour de sa date de publication. Il ne constitue pas une consultation : chaque situation appelle une analyse individuelle.
Prendre rendez-vous
Le cabinet vous reçoit sur rendez-vous, à Cannes, à Paris ou en visioconférence. Les échanges sont couverts par le secret professionnel de l’avocat.
04 93 46 36 97Bureau de Paris : 09 54 65 89 38